Südtirol / Alto Adige, dans l'extrême nord de l'Italie

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Trois semaines en octobre 2013

Le moins que l'on puisse dire c'est que les dieux de la météo m'en ont fait voir de toutes les couleurs. La pluie en octobre, je m'y attendais un peu, tout en croisant les doigts pour que ce ne soit que des averses. Mais ce que j'ignorais c'est que quand il ne pleut pas, il y a du brouillard tellement épais qu'on ne voit pas à 50 mètres, brouillard seulement chassé, ou plutôt dissout, par la pluie.

Au bout de la 1ère semaine, je voyais bien une prévision météo qui annonçait de la neige mais en altitude, non ? Eh bien, non, même au niveau des villages à 800 ou 900 mètres, une épaisse couche de neige et ces chutes de neige ont continué pendant deux jours.

Et puis au début de ma dernière semaine, enfin le soleil. Mais là j'ai oublié le b-a-ba de la rando. Quand on fait une pause, on se ..... couvre. Et voilà j'ai attrapé un rhume qui m'a bousillé la fin de mon séjour.



Voilà quand même le récit de mon voyage et en revoyant les photos je me rends compte que j'ai quand même pu faire et voir beaucoup.

Vinschgau / Val Venosta

Des pommes partout et on était en pleine récolte des Golden, des Gala et des Red Delicious. Les récoltes continuent jusqu'en novembre avec la Pink Lady qui mûrit en dernier. Une pomme sur dix consommée en Europe vient de Südtirol. La culture est soit bio, soit biodynamique, et cette culture a obtenu de l'Union européenne un label de qualité.

Presque à la frontière avec l'Autriche se trouve le village de Graun qui est en fait une reconstruction, les maisons ayant été englouties par le lac artificiel, le Reschensee. Seul l'ancien clocher reste visible. Sans effet photographique, il me semble que ces photos témoignent du froid arctique de ce jour-là.

   

Waalwege

Il s'agit de sentiers aménagés le long des canaux d'irrigation. Le Vinschgau, par le relief de ses montagnes, manquerait d'eau. Un réseau de canaux d'irrigation de plus de 600 km existait au moins jusqu'à la dernière guerre. De nos jours, seulement une quarantaine de canaux (180 km) sont entretenus et utilisés et servent de sentiers de rando (faciles!).

Ce graffiti vient d'un des responsables du Neuwaal, canal d'irrigation près de Morter, qui a coché sur le rocher ses années de service.

     

Martelltal / Val Martello

Un après-midi, après ma rando matinale, j'ai décidé d'explorer la vallée de Martell. La route, parfois très étroite et à épingles à cheveux, monte rapidement par étapes passant de 720m d'altitude à Morter pour arriver à 1850m au niveau du lac artificel, le Zufrittstausee. Je me suis arrêtée à un hôtel tout près du lac qui m'a ramenée, par ses petites pièces et par son ameublement, aux années 50.

Pendant que je dégustais un "Apfelstrudel" délicieux, j'ai lu un dossier assemblé par le patron comprenant plusieurs pages assez nostalgiques sur la vie de la famille, du père qui avait participé à la construction du barrage dans les années 50, qui avait acheté le terrain en bord du lac pour y construire son hôtel, géré par la suite par toute la famille. Venait ensuite toute l'histoire, à la fois impressionnante et triste, de la construction un peu plus haut dans la vallée de l' Hôtel Paradiso, hôtel de luxe de 250 chambres quand même avec tous les services: poste, traiteur, boucherie, coiffeur, sauna, bibliothèque, ceci à cause de l'éloignement, hôtel construit dans les années 30 pour servir de lieu de séjour des haut placés du régime fasciste et sympathisants (ce dernier détail n'étant pas précisé dans le dossier!), plus ou moins abandonné pendant et après la guerre, repris dans les années 50 par un entrepreneur vénitien qui avait commencé des travaux de rénovation et puis a changé d'idée. L'hôtel est de nos jours à l'abandon.

Sur un ton plus humoristique, venaient ensuite 2 ou 3 pages absolument hilarantes sur l'économie de l'élevage des vaches, selon différentes nationalités ou catégories de gens. A lire ..ICI.. (pour les germanophones uniquement). L'élevage de vaches et de moutons avait été dans la vallée une des activités principales, dépassée maintenant par la culture de fraises et autres fruits rouges.

L'hôtel m'a vraiment plu, par son ambiance, par son calme et par son caractère. Sur son site web, www.zufritt.com, je vois que l'option demi-pension est végétarienne, OK il y a des options viande pour carnivores non repentis, et si jamais je suis de nouveau dans le coin, je vais certainement essayer d'y passer quelques jours.

Ultental / Val d'Ultimo

La scierie à St. Gertraud suit le modèle vénitien, elle utilise la force de l'eau pour couper du bois et peut également moudre du grain. Du fait des déviations d'eau pour alimenter les différents lacs artificiels, le moulin ne reçoit plus assez d'eau et n'est utilisé de nos jours que comme un musée des traditions anciennes.

       

D'autres photos dans la région de Meran / Merano

Avant de quitter le Vinschgau, j'avais l'intention de faire le tour du lac artificiel, le Vernagtstausee, de jeter un coup d'oeil vers la vallée qu'aurait empruntée Ötzi (l'Homme des glaces, la momie qui se trouve maintenant au musée de Bozen), de manger un morceau au Finailhof (un refuge plein de caractère et maintenant classé "Monument historique"). Je me suis effectivement garée tout près du lac mais la visibilité était telle que je ne voyais même pas l'eau. La rando perdait tout d'un coup tout intérêt et je me suis rabattue sur l'Archeoparc tout près, où nous avons vu comment l'homme préhistorique faisait du feu et préparait du pain. Il y avait un film extrêmement intéressant sur toute l'histoire de la découverte d'Ötzi, sur les analyses effectuées et les hypothèses sur sa vie et sa mort (90 min. en italien ou allemand, selon l'heure).

Adolf Munkel Weg, Villnösstal / Val di Funes

Inspirée par la vue de cette église près de Sta. Maddelena dans le Villnösstal, photographiée au cours de mon séjour en juin 2012, j'avais prévu de faire la randonnée connue sous le nom de l'Adolf Munkel Weg où j'aurais dû avoir des vues à couper le souffle sur la face nord des montagnes Geissler et qui fait partie des sentiers les plus impressionnants des Dolomites.

Quel était le problème? Eh beh, oui, le brouillard, bien sûr. Je l'ai faite, la rando, mais c'est seulement lorsque la pluie a fait disparaître le brouillard qu'on avait une idée de la vue qu'on aurait dû avoir tout au long du chemin.



     

Seiseralm / Alpe di Siusi

La neige, je préfère l'admirer de loin comme, par exemple, au sommet du Monte d'Oro depuis Campo dell'Oro (près d'Ajaccio, pour ceux qui ne connaissent pas). C'est pourquoi, au lieu de chercher à marcher dans la neige, j'ai pris le téléphérique pour le Seiseralm avec l'intention de marcher simplement le long de la route goudronnée. L'accès en voiture y est régulé, il n'y a pratiquement que le bus électrique, quelques tracteurs et des carrioles pour touristes qui sont autorisés à circuler.

Il y a bien des chevaux Haflinger sur le plateau du Seiseralm mais la photo affichée dans le couloir du téléphérique est bien plus dramatique que la mienne.

     

Ma ballade m'a permis de me rendre de nouveau au Senonhütte, un refuge très ancien du Seiseralm.

Kastelrutherspatzenfest

Pendant qu'il neigeait à gros flocons dehors, j'étais "im Zelt", sous la tente érigée spécialement pour les concerts de la Kastelrutherspatzenfest. D'après mes calculs, on était au moins 4500 dont une majorité venait d'Allemagne. A mon avis, je devais être la seule "française", à l'exception des alsaciens également assez nombreux.

Le maître des cérémonies était Marc Pircher qui sait créer une bonne ambiance et qui est lui-même très bon chanteur. Parmi les chanteurs, nous avons entendu également Die Ladiner, Die Krieglacher et surtout les Kastelruther Spatzen qui étaient sur leur territoire, le village de Kastelruth.

J'avais réservé une très bonne place pour le concert du samedi (5 heures de musique) et j'ai assisté également au concert du dimanche (4 heures de musique) donné sous forme de "Frühschoppen", c'est-à-dire gratuit, on ne paie que les consommations à prix tout à fait raisonnables.

Sur le chemin du retour à l'hôtel, vue sur la Santnerspitze:

Oachner Höfeweg / Sentiero dei Masi

Une belle ballade qui part de Schloß Prösels, près de Völs, passant par plusieurs cours de fermes très anciennes, randonnée proposée par Helmut de l'hôtel à Klobenstein en compagnie d'autres clients de l'hôtel. En cours de route, nous avons dégusté vins locaux et spécialités culinaires.

Ritten / Renon

C'est le nom d'un haut plateau perché au-dessus de l'Eisacktal / Valle Isarco (par où passent des milliers de véhicules à l'heure), mais ici en hauteur rien que du calme et de la verdure. Il y a un an ou deux j'avais eu l'occasion de discuter un moment avec les fermiers qui attendaient le camion de collecte du lait et ils m'ont dit que leur lait était vendu frais dans la ville de Bozen / Bolzano et alentours. C'est un plaisir de voir une voie de distribution ultra courte.

Le Ritten est connu d'une part pour son train métrique mais également pour ses pyramides de terre. Il s'agit de formations géologiques ayant besoin de tuf, de fortes pluies, d'extrême sécheresse et SURTOUT de gros blocs de rochers disseminés dans le tuf. Au fur et à mesure que le tuf est érodé par la pluie, des colonnes se forment sous ces blocs de pierres, lorsque le rocher tombe la colonne se trouve tout d'un coup très vulnérable et elle ne tarde pas à s'éroder à son tour.

     

Keschtnweg / Sentiero delle castagne

L'Eisacktal / Valle Isarco entre Brixen / Bressanone et Bozen / Bolzano est très, très étroit et au Moyen âge, afin d'éviter de mauvaises rencontres dans le fond de la vallée, les voyageurs empruntaient un chemin à hauteur des châtaigniers, d'où le nom. Le sentier totalise 60km. Tout au long de ce sentier les vues sur la vallée et le début des Dolomites sont époustouflantes de beauté.

Les hôtels où j'ai séjourné sont:

  • Pension Schweitzer, Schlanders: accueil très amical, une chambre superbe, petit déjeuner excellent, beau jardin et parking, carrément dans le centre du village.
  • Hôtel Oberwirt, Feldthurns: encore une chambre superbe, petit déjeuner copieux, c'était ma deuxième visite.
  • B&B Sciliar, Seis: plus simple que les deux précédents, bon petit déjeuner en buffet, patronne accueillante, dans le centre du village avec des restaurants tout près.
  • Hôtel Dolomiten, Klobenstein: 4ème visite, je fais partie des "Stammgäste" (clients réguliers). Tout est dit.



L'histoire du 20ème siècle au Südtirol